Felipe CABRERA

Mirror

Felipe CABRERA

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Felipe CABRERA

Mirror
“Mirror”, quatrième album de Felipe Cabrera paru en 2019, est un disque profondément autobiographique qui retrace, comme un long plan‑séquence musical, l’histoire d’une vie et d’un parcours artistique hors norme. Né à La Havane dans une famille de mélomanes, d’abord destiné au basson au conservatoire puis découvert comme bassiste aux côtés de Gonzalo Rubalcaba, Cabrera s’est imposé comme l’une des voix les plus singulières de la scène cubaine contemporaine. Treize ans de tournées mondiales, huit albums et une installation à Paris plus tard, il signe avec “Mirror” une synthèse lumineuse de toutes ces expériences : la rigueur de la formation classique, la profondeur rythmique de Cuba, l’ouverture aux cultures et aux styles croisés rencontrés en France, aux côtés de musiciens africains, jazzmen et artistes venus d’horizons multiples.Le titre de l’album résume sa démarche : “Mirror” reflète les multiples facettes d’un musicien qui réconcilie en permanence le populaire et le savant, l’ancrage cubain et l’ouverture vers l’ailleurs. À Cuba, Felipe Cabrera était déjà un excellent musicien. Vingt ans plus tard, il est devenu bien davantage : un compositeur précis et original, dont l’écriture exigeante se nourrit de mélodies inspirées et d’une grande liberté d’improvisation. On retrouve dans ces pièces la logique du leitmotiv chère à la musique classique, comme les syncopes d’une respiration qui revient, se transforme, irrigue l’ensemble du disque. Mais si le classique lui offre une trame, “Mirror” s’abandonne avec le même naturel aux libres expressions du jazz, jusque dans certains solos de saxophone qui évoquent par instants l’ombre de Coleman Hawkins.Pour donner corps à cette vision, Felipe Cabrera s’entoure de compagnons de route de longue date : Leonardo Montana au piano, Irving Acao au saxophone ténor et Lukmil Perez à la batterie. Ensemble, ils façonnent un son de groupe immédiatement identifiable, où la contrebasse de Cabrera est à la fois colonne vertébrale, moteur mélodique et voix narrative. Des invités viennent enrichir encore cette matière : la chanteuse Charlotte Wassy, qui apporte une douceur lumineuse au morceau éponyme “Mirror”, le conteur Javier Campos, dont les interventions en yoruba ouvrent et referment l’album comme un rituel, et le cor d’Antoine Philippe, qui colore plusieurs pistes de timbres singuliers. Le recours au yoruba, langue des racines afro‑cubaines, n’est pas anecdotique : il rappelle à quel point la musique de Cabrera, aussi cosmopolite soit‑elle, reste profondément reliée au terreau de ses origines.

Au fil de ses onze pièces, “Mirror” dessine ainsi une sorte de cartographie intérieure. Chaque morceau annonce le suivant, sans rupture, comme si l’on traversait différentes chambres d’un même espace intime. L’auditeur y croise les échos de La Havane et des grandes scènes internationales, les souvenirs d’orchestre symphonique et les nuits parisiennes, les cadences du jazz moderne et les pulsations du son cubain. Album de maturité, “Mirror” traduit l’exigence d’un musicien qui sait d’où il vient et qui, sans renier aucune de ses fidélités, revendique pleinement sa place dans le jazz d’aujourd’hui.

MUSICIENS

Felipe CABRERA | Contrebasse
Irving ACAO | Saxophone
Leonardo MONTANA | Piano
Lukmil PEREZ | Batterie

VIDÉO